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Salut à tous,

Je suis tombé sur un Short YouTube de Laurent Rochette (ancien 200e mondial) concernant le relâchement, et cela m'a donné envie de lancer une discussion sur les différentes visions de l'enseignement du tennis qui cohabitent aujourd'hui.

Quand on cherche à progresser sur cette notion, on fait souvent face à trois approches majeures, toutes portées par des profils à la légitimité indiscutable :

  • L'approche managériale et tactique : Portée par les grands coachs d'académie mondiale et les vulgarisateurs de renom (pensez au modèle d'un Nick Bollettieri ou d'un Patrick Mouratoglou). Ils excellent dans l'art de simplifier le tennis, de fixer des étapes claires et de structurer le mental et le jeu pour amener un joueur vers la performance.

  • L'approche biomécanique et motrice : Portée par des enseignants spécialisés dans l'efficience du geste (dans la lignée d'un Jean-Pascal Roussat ou des travaux de Georges Deniau). Ils s'appuient sur l'analyse scientifique du mouvement, les chaînes musculaires et le profil moteur de chacun pour trouver une fluidité parfaite et naturelle, sans blessure.

  • L'approche pragmatique du circuit : Portée par des anciens joueurs professionnels (comme Laurent Rochette dans sa vidéo). Leur vision est basée sur le ressenti viscéral, "de l'intérieur", de ce que le corps subit sous la pression du circuit. Pour eux, le relâchement découle avant tout du placement, de l'intensité des jambes et d'une juste tension à l'impact – ce que Roger Federer résumait en disant qu'il tenait sa raquette à "2 sur 10" pour garder le contrôle.

Face à ces trois écoles, une question de fond se pose pour nous, joueurs et passionnés : Comment percevez-vous ces différentes manières d'aborder le relâchement ?

Pensez-vous que la clé réside dans la modélisation scientifique du geste (la biomécanique), dans la structuration globale du joueur (le coaching d'académie), ou dans le pragmatisme brut du terrain et de l'intensité (le vécu de l'ex-pro) ? Est-ce que ces méthodes s'opposent, ou sont-elles simplement les pièces d'un même puzzle ?

Pour ceux qui veulent voir le Short qui m'a fait cogiter : https://www.youtube.com/shorts/dDOn5xad2g4

Curieux de lire vos retours d'expérience et votre vision des choses !

Posté(e)

Salut, 

J'ai vu passer cette vidéo, mais j'ai aussi vu le prof de tennis de l'école de tennis de mon club tenir le même discours aux enfants ce week-end et d'autres contenus. Sur le fond ils sont tous d'accord sur la nécessite du relâchement pour le résultat tennistique mais aussi pour les effets sur le corps.
J'imagine que lorsque plusieurs milieux d'influences en arrivent au même résultat c'est qu'il y a du vrai, mais dans une différence de chaque côté, entre le ressenti du joueur, l'approche de l'enseignant pour faire apprendre et adhérer l'élève et l'approche intellectuelle qui se base sur la mécanique du corps, chaque approche donnent un résultat différents car la méthode d'analyse et d'apprentissage ne sera pas équivalente

Posté(e)

Alors Laurent Rochette, contrairement à Fed, affirme dans une video dédiée, qu'il faut tenir la raquette solidement... 

Concernant le relâchement il faudrait déjà donner une définition car on entend du relâchement à toutes les sauces mais je vois bien que mes élèves, jeunes et adultes, sont incapables de dire ce que c'est ou en tous cas chacun a sa propre définition.

Pour moi, ce n'est pas être "tout mou". Le relâchement s'obitendrait par la suite des contractions musculaires appliquées dans le bon timing et le bon ordre (pied, jambe, hanche, épaule, etc ...). Cela implique donc des appuis de départ solides (quelque soit les appuis, en ligne, semi ouverts, ouverts), ancrés ou non ancrés (ex: appuis ouverts en déplacement latéral, ou appuis en ligne pour une balle jouée vers l'avant dans la foulée ...) , des mouvements à forte dominante vers l'avant, une coordination parfaite entre les différentes parties du corps. Et chaque contraction serait suivie d'une décontraction de ce même muscle (relâchement musculaire)  dès lors que le mouvement est initié et que la contraction de la chaine musculaire suivante s'opère.

Je dirais donc que le relâchement c'est la coordination parfaite des contractions/décontractions musculaires qui emmènent la raquette vers un même endroit avec la plus grande vitesse possible et le minimum d'énergie dépensée possible.

Tenir la raquette à 2 sur 10 est effectivement un moyen de faire découvrir les prémices du relâchement à des élèves, pour qu'ils ressentent ce qui se passe au niveau des différentes parties du corps quand on le laisse terminer le mouvement tout seul sans essayer de contrôler ses muscles, mais ce ne sont que des prémices. Une fois "la prise de conscience" de cette coordination, on peut travailler un peu plus loin.

Pour répondre à ta question, je dirai que ces trois approches sont liées si l'on souhaite optimiser ce domaine. 

Il y a un livre très intéressant, "Anatomie pour le mouvement" de Blandine Calais Gervais, ancienne danseuse professionnelle reconvertie en kiné il y a longtemps (aujourd'hui décédée) qui permet de comprendre le lien entre les différents muscles et articulations ou en gros en exagérant/caricaturant : qquand je bouge mon gros orteil qu'est ce qui se passe au niveau de mon oreille :D Plus séirusement cela décrit la manière dont sont obtenus les mouvements. Et le tennis ainsi que tous les sports, c'est un peu ça, obtenir le mouvement le plus efficient, en respctant notre anatomie et si possible avec la dépense d'énergie (par muscle) la plus faible possible.

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  • 3 semaines après...
Posté(e)

Il y a quelques années @denebola avait publié sur son blog un article qui abordait les différentes manière de coacher : technique pure, tactique et physique. J'en ai garder le souvenir que les 3 sont complémentaires. D'où la spécialisation des rôles dans les équipes qui suivent les joueurs pro (enfin ceux qui peuvent se permettre d'avoir une équipe qui leur est dédiée😄)

Pour en revenir au relâchement, je pense que la combinaison des 3 approches et à prendre en compte, même si selon moi, il y en a toujours qui prédomine en fonction de chacun.

Posté(e)

  

Le 08/06/2026 à 09:19, nutsola a dit :

L'approche biomécanique et motrice : Portée par des enseignants spécialisés dans l'efficience du geste (dans la lignée d'un Jean-Pascal Roussat ou des travaux de Georges Deniau). Ils s'appuient sur l'analyse scientifique du mouvement, les chaînes musculaires et le profil moteur de chacun pour trouver une fluidité parfaite et naturelle, sans blessure.

Pour le coup l'approche biomécanique en France elle est plutôt portée aujourd'hui par Caroline Martin et Cyril Genevois. ;)

Le 08/06/2026 à 09:19, nutsola a dit :

L'approche managériale et tactique : Portée par les grands coachs d'académie mondiale et les vulgarisateurs de renom (pensez au modèle d'un Nick Bollettieri ou d'un Patrick Mouratoglou). Ils excellent dans l'art de simplifier le tennis, de fixer des étapes claires et de structurer le mental et le jeu pour amener un joueur vers la performance.

Bollettieri avait une des premières approches totales du tennis : technique, tactique, physique et mentale. C'est une des premières académaie à avoir inclu la préparation mentale dans son organisation et se basait également sur les innovation en terme de recherches. 

Sur le plan technique, c'est également un des premier à avoir privilégié l'efficacité à l'esthétisme. 
 

Le 08/06/2026 à 09:19, nutsola a dit :

Face à ces trois écoles, une question de fond se pose pour nous, joueurs et passionnés : Comment percevez-vous ces différentes manières d'aborder le relâchement ?

Le problème de la discussion concernant le relâchement par exemple c'est que déjà il faut parler de prise de raquette. En fonction de la prise de raquette, on va avoir une possibilité de relâchement plus ou moins importante (de très importante sur des prises continentale CD ou semi fermées à bloqué sur des prises extrêmes qui ne proposent pas du tout la même mécanique de coup). 

De plus, si on parle de relâchement il faut voir aussi en fonction de la longueur segmentaire qui va avoir une importance : plus le segment est court, plus le geste va être en rotation pour compenser et donc demander moins de relâchement. Plus la longueur segmentaire est importante, plus on va rechercher de l'amplitude gestuelle et donc du relâchement. 

Encore une fois le travail technique (comme la tactique, le physique et le mental) ne peut pas se généraliser, il faut l'adapter au cas par cas sinon il n'au aucun sens et ne correspondra pas à tout le monde. 

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Posté(e)
L'approche managériale et tactique : Pour moi, des profils comme Bollettieri ou Mouratoglou ne sont pas de grands coachs de tennis au sens technique. Ce sont des motivateurs et des gestionnaires de carrière. Aucun d’eux ne serait vraiment capable de former techniquement un joueur de A à Z pour l'emmener vers le haut niveau. Pour être allé chez Bollettieri quand j'avais 15 ans, je peux vous dire que ce sont les nombreux coachs de l'ombre autour de lui qui faisaient tout le job technique. Ces structures fournissent surtout un environnement idéal, ce qui aide énormément, mais on peut tout à fait intégrer le top 100 mondial sans passer par ces "usines" (sans vouloir leur manquer de respect).
L'approche biomécanique et motrice : Elle est essentielle, mais extrêmement difficile à faire intégrer à de très jeunes joueurs. Pourtant, c’est précisément à cet âge que se développent les fondamentaux techniques, et c'est tout le défi de s'inscrire sur le long terme. Il faut utiliser cette approche à bon escient. En ce moment, j’essaie de modifier la technique d’une petite de 8 ans. Pour l’instant, elle gagne tous ses tournois parce qu'elle bouge bien et qu'elle est physiquement plus grande et costaud que ses adversaires. Le problème, c'est qu'elle va vite atteindre un plafond de verre quand le physique des autres va se niveler. Elle a une préparation très basse en coup droit et en revers, et j'essaie de lui faire adopter une préparation tête haute. Pour lui expliquer, je lui ai montré des vidéos de Venus Williams (pour lui prouver qu'on pouvait devenir numéro un mondiale avec ce style), mais aussi de Sabalenka et Rybakina pour illustrer mon propos en m'appuyant sur la biomécanique et les lois de la physique. La petite comprend parfaitement. Le plus dur, ce sont ses parents : comme ils ne jouent pas au tennis, ils ne comprennent pas pourquoi ses résultats régressent à court terme. C'est là toute la difficulté de cette méthode.
L'approche pragmatique du circuit : Le souci avec les anciens pros, c’est qu'ils ont parfois du mal à expliquer ce qui était totalement naturel pour eux. La plupart ont percé parce qu’ils avaient un talent inné, et intellectualiser le talent, c’est compliqué. Si leur discours parle tout de suite à des joueurs de bon ou très bon niveau, je n’en vois pas toujours l’intérêt pour de la 3e ou 4e série. En réalité, tout dépend des compétences pédagogiques de l'ancien pro en tant que coach. Certains sont excellents. Je côtoie un peu Chris Lewis et Rick Leach par exemple, et ils sont vraiment très bons. Alors oui, ce n’est pas donné (comptez 130 $ de l'heure pour Lewis et plutôt 180 $ pour Leach), c’est un budget, mais on reste tellement loin des milliers d'euros demandés par "Patoch" [Mouratoglou]. Entre un ancien finaliste de Wimbledon, un ancien numéro 1 mondial de double et un ancien joueur classé 2/6, le choix est vite fait pour placer son argent.

 
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